Défendre la préparation

A l’initiative d’un groupe de travail indépendant constitué de représentants de toutes les professions impliquées dans l’activité Préparatoire en France, un rapport détaillé visant à défendre la Préparation à l’officine vient d’être adressé au Ministère de la Santé.

Ce rapport est le fruit d’un travail collectif de pharmaciens, représentants professionnels (syndicat, associations de pharmaciens qui réalisent des préparations), enseignants, membres de commissions et fournisseurs de matières premières à usage pharmaceutique. Fagron a activement participé à la mise en place de ce groupe de défense de la préparation officinale.

A partir d’une étude comparée de la situation de la préparation officinale en France et dans les états voisins, ce rapport met en évidence les problèmes posés spécifiquement en France pour la réalisation des préparations officinales. En effet, La nouvelle définition des préparations officinales restreint le champ d’application aux seules formules « inscrites » à la Pharmacopée ou au Formulaire National et non plus aux formules fabriquées « selon » la Pharmacopée.

Or la Pharmacopée ne comporte essentiellement que des monographies de matières premières et le Formulaire National a été vidé par la commission du formulaire de toutes les formules efficaces et intéressantes pour le conseil pharmaceutique. Ces outils sont devenus inadaptés pour réaliser des préparations officinales selon la nouvelle définition.

De plus cette nouvelle définition conduit les inspecteurs en pharmacie à interdire aux officinaux de préparer des mélanges de plantes ou d’huiles essentielles, qui constituent pourtant une activité traditionnelle de l’officine depuis la suppression de la profession d’herboriste.

Pourtant dans le même temps, la liste des plantes relevant du monopole pharmaceutique vient d’être modifiée. 148 plantes, contre 34 auparavant, peuvent désormais être vendues par des non-pharmaciens. Cette libéralisation concerne non seulement les plantes en l’état mais aussi transformées en poudre ou extraits dont les concentrations sont beaucoup plus élevées. Les conditions relatives aux mélanges de plantes ont disparu. En l’état actuel de la réglementation, tout commerce peut désormais librement réaliser et commercialiser des mélanges de plantes lorsqu’elles font partie de la liste des plantes libérées. Ceci, alors même que les inspecteurs de la pharmacie ne reconnaissent plus le droit aux pharmaciens de réaliser d’avance des mélanges de plantes qui sont désormais exclus du champ des préparations officinales. Cette situation est incohérente et contraire à la sécurité du consommateur.

En effet cette définition interdit désormais aux pharmacienx français de réaliser des préparations officinales dans les mêmes conditions que leurs confrères des états voisins, entraînant une rupture de service qui oriente les patients vers des circuits non contrôlés avec tous les risques conséquents.

Pharmaciens et préparateurs sont pourtant des professionnels qui possèdent une compétence reconnue. En 2008 sont parues des règles opposables de Bonnes Pratiques de Préparation permettant de réaliser des préparations de qualité tant à l’officine qu’à l’hôpital. Toutes les garanties sont maintenant présentes pour assurer une préparation de qualité dans un circuit contrôlé parfaitement accréditable.

Dans les pays voisins le cadre législatif de la préparation officinale est beaucoup moins restrictif qu’en France. D’une part, ces préparations y sont plus développées car elles ne sont pas strictement limitées aux formules de la Pharmacopée mais peuvent être élaborées selon « les règles de la Pharmacopée ». D’autre part, pour les préparations inscrites à un formulaire, celui-ci y est un outil moderne et actualisé à destination autant des pharmaciens d’officine qu’aux hospitaliers. Enfin l’accès aux formulaires des autres Etats membres de l’Union européenne y est généralement possible.

Les préparations officinales sont au cœur du métier de pharmacien et sont utiles pour pallier à l’absence de spécialités ou pour un conseil sur mesure du médicament. Elles permettent également de lutter contre la iatrogénie et de pallier, dans une certaine mesure, à la baisse du nombre de médecins en France. De plus, elles présentent un réel intérêt économique pour le patient sans peser sur les comptes de l’assurance maladie. Elles constituent pour un certain nombre d’officine une part importante de leur activité. C’est un savoir-faire que l’on met en péril en ne permettant plus au pharmacien français de pouvoir exercer activement dans le domaine des préparations officinales. Cette perte de savoir-faire menace aussi directement l’existence de la préparation magistrale.

Pour lever les blocages de la situation actuelle, le rapport propose des préconisations pour faire évoluer le cadre réglementaire de la préparation officinale en France et offrir aux pharmaciens français la possibilité de réaliser des préparations officinales dans les mêmes conditions que leurs confrères des états voisins tout en revalorisant leur rôle d’acteur placé au cœur du système de santé.

Retrouvez le dossier complet sur le site internet dédié : http://www.defensedelaprep.com/

Dernière modification: 01-04-2010